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Les Marqueurs Transversaux


Langage et distance Langage et identité Langage & conciliation

[En construction]

Langage et identité

L’intrication entre langage et identité apparaît de manière redondante quel que soit le point de vue dont on l’approche : l’identité d’un individu s’élabore sur l’axe horizontal, dans la confrontation avec ses pairs et sur l’axe vertical, par sa position dans les générations. L’analogie avec la linéarité syntagmatique et les permutations paradigmatiques définies par Saussure est remarquable. Dans la réalité, on ne peut pas changer de place, on a à inventer comment occuper sa place. En revanche, il nous faut pouvoir penser les permutations au niveau imaginaire : « Si j’étais… Tu serais… On dirait que… ».

 La singularité de la parole d’une personne est déterminée par ses caractères physiologiques, son histoire, ses relations, et la situation particulière de son discours, c’est-à-dire tout ce qui différencie l’énonciation de l’énoncé.

C’est en exerçant sa faculté innée de langage, en prenant la parole, que l’humain devient sujet, capable d’agir sur son environnement plutôt que de le subir, capable de créer un monde. Un sujet se construit, se modèle de chaque prise de parole et donc de chaque relation.

 Quand on rencontre à un moment de sa vie des difficultés pour parler, comprendre, lire, écrire, on est ébranlé dans son sentiment d’identité. L’écoute de l’orthophoniste permet à ces accidentés de la parole de restaurer leur sentiment d'identité, comme s'il fallait raccommoder un accroc dans la toile de leur histoire, ensemble ils retissent les fils.

Il faut avoir accédé à un minimum d’individuation par rapport à l’environnement pour pouvoir se différencier, construire et éprouver son identité de chaque échange langagier avec un autre que soi.

 

 

© Claire de Firmas 2008