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Les Marqueurs Transversaux


Langage et distance Langage et identité Langage & conciliation

[En construction]

Langage et distance

Au cours du développement de l’enfant, le geste de pointer du doigt, geste propre à l’humain et qui est le précurseur de la parole, apparaît à la même période que la marche, vers un an : l’enfant découvre en même temps la possibilité de s’éloigner de sa mère et d’agir sur elle. Il peut demander un objet qui n’est pas à sa portée et explorer seul le monde qui l’entoure. On considère classiquement qu’après deux ans, le langage devient un moyen de manipuler les objets en leur absence.  

 Le langage à la fois permet et est permis par la distance, dans un double mouvement qui est sa caractéristique. Le langage sert à mettre en lien des expériences, des sensations, des souvenirs, des personnes, des mots, pour faire des rapprochements, construire des passerelles, atténuer le manque.

 Tout au long de la vie, la corrélation entre langage et distance se manifeste dans chaque expérience d’éloignement, de séparation, d’absence, d’autonomisation, et plus largement dans la part active que le sujet prend aux événements, en se les représentant, en les nommant, en agissant.  

La représentation, capacité à se représenter un objet en son absence, se construit peu à peu, par la mise en lien des traces mnésiques, mécanisme de construction de la notion de permanence de l’objet, précurseur de la permanence du signifiant. On sait que le développement de la représentation passe par les expériences de disparitions - apparitions du sein dans les premiers temps de la vie, expériences sur lesquelles viennent se greffer ensuite les autres vécus d’éloignement, de manque, d’absence, de désir, de séparation. Autrement dit, l’expérience de la naissance se répète de manière plus ou moins métaphorique tout au long de l’enfance et de la vie entière.

Les difficultés d’ajustement de la distance sont très souvent sensibles dans les cabinets d’orthophonie, non seulement au niveau spatial, mais aussi aux niveaux corporel et langagier. Dès le premier contact avec une famille, le praticien est attentif à sa manière de prendre rendez-vous, d’investir la salle d’attente, d’employer le tutoiement... Ce qu’on appelle « bilan orthophonique » commence là.

 

 

© Claire de Firmas 2008